Le Groupement de défense contre les organismes nuisibles de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) lutte contre les espèces invasives. Pour cela, il met à disposition du matériel. Mais ces derniers, temps, les bénévoles observent de plus en plus d’incivilités.

Un frelon asiatique.
Un frelon asiatique. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le Groupement de défense contre les organismes nuisibles (GDON) de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) est représenté par deux agents dans les dix communes déléguées du territoire, sauf à Villedieu-la-Blouère où il n’est pas représenté. Il est présidé par Jean-Marie Rotureau.

Comme tous les autres, le GDON est chargé par le ministère de l’Agriculture ou le préfet de l’organisation des luttes collectives contre les déprédateurs et notamment les rongeurs aquatiques nuisibles, les frelons asiatiques, les corneilles noires, les corbeaux freux, les pigeons bisets, les chenilles processionnaires…

Surveiller, prévenir et lutter contre les espèces invasives

« Ces luttes collectives sont d’intérêt public et participent aux enjeux économiques et agricoles », souligne le président Rotureau. Pour cela, trois missions lui sont attribuées : surveiller, prévenir et lutter contre les espèces invasives animales et végétales. Il joue aussi un rôle d’observateur pour vérifier les risques de prolifération.

Présidé par Jean-Marie Rotureau, le Groupement de défense contre les organismes nuisibles regrette les incivilités de plus en plus marquantes sur les pièges posés. | OUEST-FRANCE

Cages à ragondin, cages à pie, effaroucheurs, tenues de protection contre les frelons asiatiques… Le groupement met à disposition son matériel pour effectuer ses missions. « Mais nous constatons de plus en plus d’incivilités sur nos matériels », regrettent les bénévoles.

« Un insecte peut tuer par jour une cinquantaine d’abeilles »

Quoi qu’il en soit, entre 2023 et 2024, le groupement a capturé : 1 912 ragondins puis 1 197 en 2024 ; 890 puis 930 corbeaux ; 310 pigeons bisets puis 450 ; 60 nids de frelons asiatiques puis 55 ; enfin, 65 renards puis 44.

« Nous estimons qu’il y a eu moins de frelons asiatiques en 2024 à cause des pluies abondantes », précisent-ils. Mais le témoignage de l’apiculteur bellopratain René Véron est plus réservé, car son observation s’appuie sur plusieurs années :  L’année précédente, j’ai perdu dix ruches. Même si je réduis la superficie d’entrée de mes ruches, les frelons parviennent à entrer. Un insecte peut tuer par jour une cinquantaine d’abeilles. 

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Démangeaisons, ulcères, réactions allérgiques… Tous les ans, les chenilles processionnaires du pin et du chêne refont l’actualité. Classées nuisibles, ces larves de papillons de nuit prolifèrent et menacent la santé. Fanny Chauviré, technicienne à la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles du Maine-et-Loire, basée à Beaucouzé, explique comment s’en protéger.

Pour se débarrasser des chenilles processionnaires, une technicienne de la FDGDON 49 pose un écopiège, une sorte de gouttière entourant l’arbre et percée d’un trou tubé qui amène les chenilles dans un sac lorsqu’elles processionnent vers le sol au cours du printemps.
Pour se débarrasser des chenilles processionnaires, une technicienne de la FDGDON 49 pose un écopiège, une sorte de gouttière entourant l’arbre et percée d’un trou tubé qui amène les chenilles dans un sac lorsqu’elles processionnent vers le sol au cours du printemps. | OUEST-FRANCE

Chaque année, et de plus en plus tôt, la prolifération des chenilles processionnaires inquiète à cause des risques sur la santé humaine. Fanny Chauviré, technicienne à la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON 49), dont le siège est situé à Beaucouzé (Maine-et-Loire), fait le point.

Comment reconnaître les chenilles processionnaires et d’où provient ce danger ?

La présence d’un cocon blanc dans un pin et des aiguilles rongées alertent déjà sur la présence de ces larves de papillons que sont les chenilles processionnaires. De couleur brun orangé ou gris argenté, elles mesurent jusqu’à 4 cm. Il est facile de les repérer car elles ont la particularité de vivre en groupe et de se déplacer en file indienne. On peut alors voir très clairement plusieurs centaines d’individus s’étirer sur une file ininterrompue que chacun peut croiser.
La chenille processionnaire du pin qui cause beaucoup de dégâts. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Si les chenilles processionnaires dégradent les arbres qu’elles parasitent, le danger pour l’Homme, l’animal et aussi le végétal provient de leurs poils qui sont porteurs d’une protéine très toxique, aux pouvoirs très urticants : démangeaisons, ulcères, œdèmes et autres réactions allergiques graves, notamment chez le jeune enfant. Même hors saison, le risque existe : les nids vides contiennent une grande concentration de poils urticants qui se détachent et lorsque les nids se délitent au fil du temps, le vent dissémine leur contenu.

À quel moment peut-on être exposé ?

Les vagues de chaleur automnales et les hivers doux favorisent la précocité de leur développement. Elles peuvent ainsi apparaître en février ou mars jusqu’en juin. La période la plus à risque est celle où les processionnaires migrent le long du tronc pour aller s’enfouir plus loin dans le sol. Il faut savoir que les processions peuvent rester entre deux et cinq ans dans le sol pour permettre la survie des chenilles du pin… Un avantage pour elles mais, hélas, pas vraiment pour nous !

Quelles sont les solutions pour éradiquer ce fléau ?

Il faut se tenir éloigné des chenilles et contacter les professionnels. Grâce à la lutte généralisée sur le territoire, la FGDON 49 interviendra à moindre coût par traitement phytosanitaire. Il consiste en une pulvérisation à base de Bacille de Thuringe, une bactérie toxique, uniquement pour les chenilles. Elles mourront par paralysie du tube digestif et au printemps suivant, il n’y aura plus de processions.

Renseignements en mairie ou auprès de la FGDON49, parc d’activités de Beaucouzé, 23, rue Georges-Morel, à Beaucouzé. Contact : tél. 02 41 37 12 48 ou contact@fgdon49.fr.

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